Skeuomorphisme, le come-back

Le skeuomorphisme met en avant un graphisme aux détails mimétiques. Son style imite les objets de la vie réelle dans un espace numérique.

Quand Jony Ive, designer d’Apple a amputé l’iOS 7 de ce style de conception, avec une précision chirurgicale, ça a été perçu par plusieurs comme la fin du skeuomorphisme.

Et maintenant qu’une horloge très photoréaliste a fait marche arrière en s’alignant sur l’épique langage de conception d’Apple, on parle d’un come-back.

Au-delà de sa réputation de style visuel laid, le skeuomorphisme exerce une fonction plus structurelle.

En effet, le skeuomorphisme s’active à enseigner aux utilisateurs comment se familiariser avec les nouvelles technologies.

Il s’agit d’indices et non pas d’éléments encombrants

À l’époque où les ordinateurs venaient tout juste d’émerger, J.Gibson, psychologue environnementaliste a été l’auteur de la théorie de l’affordance. Les humains percevraient selon lui l’environnement comme une série d’affordances ou objets qui délivrent des indices sur une potentielle utilisation ou action.

Ces indices nous aideraient à cerner plus clairement les champs de possibilités qui s’ouvrent à nous.

Dans le monde réel, le son qui résonne lorsque quelqu’un frappe à notre porte est une affordance.
Ça nous indique l’action à entreprendre : accueillir notre invité. (sans surprise)

Dans le monde numérique, un bouton qui se montre disposé à glisser de gauche à droite est une affordance.

On ne se mettra pas à tripoter notre smartphone à la recherche d’une touche dissimulée quelque part dans l’un de ses 4 côtés pour déverrouiller notre écran.

Nous percevons ces indices visuels et agissons en conséquence.

Le skeuomorphisme, sorte de réalité augmentée version 2D

Le skeuomorphisme associe à chaque icône ou symbole son homologue du monde réel.
Sur les systèmes d’exploitation, par exemple, la corbeille pourrait représenter l’objet skeuomorphique par excellence.

Il est également possible d’évoquer la possibilité de déplacer des fichiers vers des dossiers. (autre équivalent de la vie réelle, avec les boîtes d’archives physiques et ce qu’elles contiennent comme paperasse).

Citer les systèmes et smartphones comme exemple est inévitable puisque le skeuomorphisme a commencé à prendre forme dans les années 80, années où Steve Jobs s’est imposé comme l’un des premiers partisans de ce style de conception.

L’idée était simple : Les interfaces informatiques seraient beaucoup plus intuitives pour les utilisateurs si la conception skeuomorphique était appliquée.

Entre autres, les sites doivent pouvoir faciliter la navigation à leurs visiteurs pour qu’ils ne fuient pas, déroutés par tant de froideur et manque de convivialité.

Misez sur l’éclat des couleurs, l’aspect artistique des polices d’écritures et ce côté réaliste pas trop envahissant avec juste le nécessaire pour accompagner l’internaute tout au long de son surf.

Le skeuomorphisme n’est pas un crime de conception.
C’est la langue que les concepteurs ont écrite pour permettre aux machines de communiquer avec les humains.

Son retour marque l’instauration de nouvelles frontières technologiques, des territoires inexplorés sur lesquels nous ne pourrions pas naviguer aussi facilement sans une petite aide.

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