Transformation digitale : entreprise vs entrepreneuriale

Transformation digitale : entreprise vs entrepreneuriale

Le digital est passé du statut de gadget au statut de stratégie d’entreprise. Parfois considéré comme une menace pour les entreprises établies, il est une source d’opportunité immense pour les entrepreneurs.

La définition du mot digital (anglycisme ici amalgamé avec la notion de numérique) reste un défit. De mon point de vue, les années post-2010 et la notion de disruption digitale aident à établir une base de définition.

En effet, à partir des années 2010, le « digital » prend une nouvelle forme. C’est suite aux succès d’Uber et de Airbnb que l’industrie réalise le potentiel de disruption de ce thème.

Depuis ces succès, le mot perd une partie de son aura « téchnique » pour s’inscrire au registre « business« .

Nombre d'application de type Uber vs nombre de trajets en taxi à New-York.
Selon une étude de Statista, le nombre d’applications de type Uber (permettant de commander un trajet) a surpassé l’utilisation des taxis New-Yorkais en 2017.

Comme le relate l’excellent livre Digital Vortex, un nombre important d’executifs se pose alors une question :

Comment utiliser le digital pour améliorer leur modèle d’affaire ?

La disruption numérique (ou digital) représente le changement apporté dans un système établi par des téchnologies numériques.

La disruption émane tant de larges sociétés que de startups naissantes. Dans les faits, ces dernières en sont plus souvent le terreau car elles possèdent des organisations plus adaptées à remettre en question un système.

Dans ce contexte, une transformation numérique se défini comme le changement organisationel d’une entreprise, à l’aide de téchnologies digitales, dans le but d’en améliorer le modèle d’affaire (la définition du journal du CM va dans ce sens par exemple).

3 exemple de disruption numériques (potentiels)

De manière générale, les disruptions digitales se distinguent d’autres types de disruptions par 2 facteurs :

  1. La rapidité avec laquelle elles remettent en question un système
  2. L’ampleur (l’échelle) importante de ces dernières

En termes de stratégie d’entreprise, ces deux facteurs imposent un changement de comportement :

Une attitude de « suiveur » est difficilement concevable dans un monde où une énorme partie du gateau appartiendra au(x) premier(s) venu(s).

1) Whatsapp et les paiements mobiles

A l’origine, WhatsApp a révolutionné le monde du SMS. Jusque là payant, ce dernier est devenu quasiment gratuit avec WhatsApp. Et du jour au lendemain (souvenez-vous les caractéristique : timing très rapide et échèle importante).

D’ailleurs, en fonction du prix du SMS, les marchés se sont répartis entre Facebook Messenger et WhatsApp. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’achat de WhatsApp par Facebook était très complémentaire à son activité.

Mais l’enjeu n’est pas uniquement dans la communication entre membres. Au fur et à mesure de l’adoption des paiements en ligne, les plateformes comme WhatsApp et Messenger deviennent de plus en plus pertinentes pour permettre ces paiements.

Disruption digital : paiement mobile
Après avoir révolutionné le monde du SMS, des systèmes comme Facebook Messenger ou WhatsApp sont en phase de révolutionner le paiement en ligne.

2) l’impact systémique des voitures autonomes

Comme le montre l’illustration ci-dessous, les voitures autonomes sont attendues et relativement rapidement. Si l’on en croit les études récentes, leur nombre sera multiplié par 5 entre 2015 et 2030, avec une domination des Etats-Unis.

Les pays traditionnellement producteur de voitures sont déjà à la pointe de la tendance.

Pénétration grandissante des voitures autonomes.

Mais comme pour l’exemple des paiements en ligne, l’avènement possible des voitures autonomes rend possible la disruption d’un nombre importants de marchés :

  • L’immobilier plus éloigné prendra de la valeur
  • Les parkings seront bien moins importants
  • Les transports publics relégués au second plan
  • Les utilisateurs de véhicules autonomes pour de longs trajets profiteront de travailler et dormir dedans plutôt que de dormir dans un hotel
  • Les stations essences seront replacées par de l’électrique

3) Une banque à l’ère du digital

La digitalisation de la banque et des services financiers n’est pas une histoire nouvelle.

Dans le cas de la banque, ça n’est pas une seule technologie qui reprend le dessus, mais une multitude d’approches qui morcelle l’activité bancaire.

Alors que la banque était un établissement proposant de multiples services, on retrouve maintenant des startups autour :

  • des paiements en ligne
  • de l’investissement
  • de l’épargne
  • de la mise en conformité réglementaire
  • de la détection de fraude

C’est sur cette base « multi-service » que le cabinet de conseil McKinsey réinvente les fondamentaux de ce qu’une branche devra offrir à ses clients.

Les services d'une banque à l'ère digital
Selon le cabinet de conseil McKinsey, la capacité d’accéder aux services bancaires en tous lieux et tous temps serait la clé de la banque de demain.

Pourquoi la transformation digital reste-elle compliquée pour les entreprises établies ?

Une des raisons principales se résume dans la notion du dilemme des innovateurs. Cette notion proposée par Clayton M. Christensen implique 2 éléments :

  1. Les processus et le business model d’une entreprise établie sont à la source du succès actuel de cette entreprise
  2. Cependant, ces mêmes processus et modèle d’affaire la rendent mauvaise dans un contexte compétitif de disruption

De manière générale, je pense que les entreprises établies considèrent encore trop le digital comme une question technologique.

En le considérant comme une question culturelle ou business, ces dernières seraient probablement plus pertinente dans leur effort de transformation.

A l’inverse… pourquoi les startups sont au front de cette transformation ?

Les atouts d’uns startups sont très différents de ceux de ceux d’une entreprise établie. Cette dernière possède habituellement 3 avantages majeurs :

  1. Du capital pouvant être investi dans de nouveaux projets
  2. Une marque établie
  3. Une base de clients

A l’inverse, si les startups ne possèdent pas ces arguments, elles se distinguent sur 3 autres plans :

  1. La capacité d’innover
  2. L’agilité (dans sa structure, ses processus, …)
  3. Une acceptation de l’erreur et du risque (au point d’être parfois considéré comme un point extrêmement positif)

Un message donc optimiste pout les entrepreneurs de ce monde :

Continuez à vous remettre en question, ainsi qu’à remettre en question le monde. Et n’ayez pas peur de l’échec, c’est ce dernier qui vous apporte un avantage concurrentiel au regard des grands groupes.

Leave a Reply

Your email address will not be published.